Sélectionner une page

Quelles perspectives pour la monnaie et les paiements à l’ère numérique ?

Pourquoi ne pourrions-nous pas transférer de la monnaie instantanément dans toute partie du monde comme nous le faisons avec un message, avec la même souplesse et la même rapidité ? Et si la solution aux nombreuses crises économiques était une monnaie ne reposant sur aucun marché financier ou système étatique ? Comment l’émergence de nouveaux actifs numériques va influencer le système monétaire existant ?

La monnaie résulte d’interactions complexes et changeantes entre les conventions, les habitudes et la technologie. Aujourd’hui, la digitalisation bouleverse ces interactions et avec elle notre monde. Elle transforme nos modes de vie, de déplacement, de travail, de communication et même nos moyens d’échanger de la valeur grâce aux smart contracts. L’architecture des paiements et la nature même de la monnaie sont transformées, elles deviennent immatérielles.

Les candidates idéales de la mondialisation

Les crypto-monnaies proposent une alternative numérique aux moyens traditionnels de transactions. Elles sont auto-régulées par des techniques de cryptage dernier cri qui leur permettent d’émettre des coins et de vérifier l’intégrité des transferts d’argent. Alors que les banques centrales conçoivent le système financier selon des relations de crédit ou de responsabilité selon qu’elles interagissent avec des citoyens ou des banques commerciales, les crypto-monnaies opèrent en parallèle du système financier et réinvente le concept de monnaie marchande.

En tant que moyen d’échange, les actifs cryptographiques ont de réels avantages. Plus encore que la monnaie fiduciaire, ils respectent l’anonymat entre les individus qui participent à un échange. De plus, ce dernier peut s’opérer sur de grandes distances et grâce au caractère divisible des actifs numériques, le montant peut être fractionné à souhait, les rendant ainsi particulièrement attractifs pour les micro-paiements dans la nouvelle économie numérique basée sur le partage et les services.

« Coins » les héritiers du système monétaire ?

Pour le moment, les crypto-monnaies sont toujours vues comme des actifs trop volatiles et trop risqués pour être perçues comme un moyen d’échange fiable. Etant sujettes aux nombreuses cyber-menaces largement médiatisées (fraudes, failles de sécurité, défaillances opérationnelles), elles peinent à constituer une alternative crédible aux monnaies officielles en circulation et ce manque de confiance généralisé empêche la cryptosphère de toucher un public plus large.

Cependant l’engouement technologique autour de la Blockchain appelle à la réalité de leur existence et des solutions qu’elles apportent. La barrière qui existe entre la cryptosphère et les institutions financières et gouvernementales se perméabilise peu à peu. D’un côté, le développement continu des crypto-monnaies et les innovations technologiques qu’elles stimulent tendent à combler leurs lacunes. De l’autre, les banques centrales (Irlande, Russie, Chine…) se forment aux propriétés cryptographiques dans une logique de modernisation et pourquoi pas en vue d’un prochain dialogue. En effet, tout porte à croire qu’il n’y aura pas de scénario « One coin to rule them all », mais une coexistence cryptographique des monnaies.

Vers une crypto-monnaie de banque centrale ?

La monnaie se transforme, à commencer par la disparition de la monnaie fiduciaire ou cash. En effet, la digitalisation favorise les paiements par terminaux mobiles pour des sommes de plus en plus petites. La réglementation contraint de plus en plus les paiements en espèces pour lutter contre le blanchiment d’argent, la fraude, les activités criminelles et le financement du terrorisme. Enfin, le cash est principalement vu comme une réserve de valeur, notamment dans les pays les plus touchés par la crise des subprimes et moins comme un moyen d’échange.

Alors, comment les banques centrales repousseront-elles la pression concurrentielle des crypto-actifs ?

Elles doivent rendre la monnaie fiduciaire plus attrayante pour l’utiliser à nouveau comme un moyen de règlement et ce faisant, pourquoi ne pas envisager l’émission d’une monnaie publique sous la forme de jetons numériques ou « coins » pour compléter les liquidités physiques et les réserves bancaires. Elle reproduirait les mêmes caractéristiques des espèces, c’est-à-dire ne portant pas intérêt et ne nécessitant pas l’ouverture d’un compte, permettant ainsi aux ménages d’avoir accès à une monnaie publique dans des formes adaptées à leurs aspirations et aux progrès technologiques.

Précédent

Suivant

Share This

Vous avez aimé ce contenu ?

Partagez-le à votre réseau

Astek Mag Footer