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Rencontre avec Géraud, collaborateur Catep et chef de projet innovation

Peux-tu te présenter ?
Je travaille au sein de la société CATEP, filiale du Groupe Astek et je suis en charge d’un projet pour GRTgaz, le plus grand gestionnaire de réseau de transport de gaz en France. J’interviens dans un incubateur de projet hébergé chez RICE, centre de R&D et filiale de GRTgaz. Nous sommes une équipe de 4 chefs de projet et notre objectif est de transformer des projets innovants en solutions opérationnelles.
 

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton projet ?
J’accompagne des porteurs de projets innovants (sur une partie ou l’intégralité de leur sujet) afin de les aider à les transformer en succès.

La raison d’être de ce job : l’innovation, présente dans l’ensemble des domaines d’activité est primordiale pour les entreprises. C’est un élément important permettant de rester compétitif. Tout le monde peut innover mais trop rare sont les personnes qui ont du temps dédié pour s’y consacrer, ce qui engendre une conséquence :  beaucoup de projets restent au stade embryonnaire, du domaine de l’idée ou du concept, et ne sont que rarement menés à terme.

Chez GRTgaz, je suis sollicité par les managers des différentes directions pour intervenir dans leurs équipes sur des sujets bien identifiés. Pour qu’un projet soit éligible à l’incubation, je dois m’assurer que le sujet réponde à une somme de critère attestant de sa valeur : c’est une étape indispensable. Si le sujet possède une valeur réelle (a minima pour GRTgaz) et un caractère innovant avéré (élément différenciant), alors je formalise une offre définissant mon périmètre d’intervention, mes objectifs ainsi que mes livrables. Je la soumets ensuite au porteur de projet ou à sa ligne managériale.

La principale valeur ajoutée de l’incubateur est d’amener des méthodes de projet innovantes issues de l’approche lean startup (ensemble de concepts issus de la pensée Lean appliqué aux activités de lancement et commercialisation d’un produit) et du mode effectual. Le mode effectual est une méthode de réflexion opposée à la logique prédictive. La logique prédictive correspond à définir sa cible/son objectif et ensuite à définir les moyens & ressources nécessaires à son atteinte. L’effectuation, par opposition donc, c’est de penser en termes de ce qui est réalisable avec les ressources disponibles et se fixer ses objectifs/cibles en conséquence.

L’incubateur au sein duquel je travaille propose deux grands types de prestations :

  • L’industrialisation : pour accompagner la Direction des Opérations, je consolide, sur la base d’un concept mature ou d’un premier prototype dont j’analyse la valeur, le besoin auquel la solution répond. Si tous les feux sont au vert, j’optimise ce prototype avec le porteur d’idée, réalise des tests avec de futurs utilisateurs pour recenser leurs ressentis et leurs conseils, valide l’état de maturité du prototype, définit le périmètre de déploiement, identifie un partenaire industriel pour la fabrication si besoin est, et offre les moyens à GRTgaz de s’en équiper en facilitant l’acte d’achat.
    Ce type de projet permet de confirmer la valeur d’une innovation et d’aller jusqu’à le déployer au sein de la société, voire sur un périmètre plus large si elle s’adresse à des marchés externes.
  • Incubation : je travaille essentiellement avec les ingénieurs-chercheurs de RICE sur des sujets techniquement très pointus, en cours d’étude et de développement. On propose dans ce cas d’orienter notre action afin de faire gagner en maturité le concept initial. Cela démarre le plus souvent par des études de marché et peut aller jusqu’à la définition de structures partenariales avec des entités externes dans des cas de co-développement.
    L’incubateur a une sensibilité marquée sur le sujet de la propriété intellectuelle (omniprésent sur ce genre de projet) : c’est ainsi un réel avantage pour les équipes projet accompagnées que de bénéficier de nos services.

Quels sont les enjeux de ton travail ?
Le plus grand enjeu est la nécessité de pouvoir être agile afin de mener à bien les projets : tous les jours je me dois de me questionner pour savoir si mon action participe à définir, confirmer et concrétiser la valeur du sujet sur lequel je travaille. Si la réponse est non, il me faut changer immédiatement et parfois radicalement mes plans d’action. Si un tel cas se présente, je dois, par exemple, formaliser une nouvelle offre de prestation et proposer de travailler sur une autre voie de valorisation (cette dernière pouvant être diamétralement opposée à la précédente), ou également proposer de sortir le projet de l’incubateur s’il n’y a plus de valeur ajoutée identifiée dans les actions que nous pouvons réaliser.


Quelle satisfaction requières-tu de ton projet ?
D’un point de vue contexte et environnement, c’est une double découverte en ce qui me concerne. Grâce à ce projet j’ai fait mes premiers pas à la fois dans les IEG (industries électriques et gazières) et à la fois dans le domaine de l’innovation. C’est une expérience riche : au-delà d’un nouvel environnement de travail avec ses codes, sa culture et ses objectifs qu’il m’a fallu appréhender, j’ai surtout eu l’occasion d’ouvrir mon esprit au sujet de la transformation énergétique de notre société et de ses enjeux via les prismes production/transport/stockage/commercialisation.

A titre plus personnel, pour évoluer dans ce milieu de l’innovation, j’ai été amené à apprendre, comprendre et agir selon un mode de pensée et de faire drastiquement différent de celui qui est le mien. Il m’a fallu sortir de ma zone de confort intellectuel et remettre en question jusqu’à ma manière de réfléchir pour me conformer à ces nouvelles méthodes de travail et mener à bien mes projets. Il est très valorisant pour moi de savoir que j’ai su faire cet exercice qui est loin d’être trivial ; c’est désormais une véritable valeur ajoutée à mon profil.

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