Mathématiques, ingénierie, data, intelligence artificielle, cybersécurité : les compétences scientifiques et technologiques occupent une place déterminante dans les transformations de notre économie.
Pourtant, les entreprises rencontrent des difficultés croissantes pour recruter les profils dont elles ont besoin. Cette tension ne constitue pas seulement un enjeu de ressources humaines. Elle interroge notre capacité collective à former suffisamment de talents pour répondre aux défis technologiques et industriels.
Interrogé par L’Étudiant, Julien Gavaldon, CEO du Groupe Astek, rappelle que les besoins en ingénieurs continuent de progresser, dans un environnement toujours plus dépendant des technologies numériques. Il souligne également que cette situation ne doit pas conduire au fatalisme. Les entreprises, les établissements d’enseignement supérieur et les acteurs de la recherche disposent de leviers pour agir ensemble.
Agir bien avant le recrutement
Attirer les talents lorsqu’ils arrivent sur le marché du travail ne suffit plus. L’enjeu commence en amont, au moment où les jeunes découvrent les sciences, choisissent une orientation et commencent à se projeter dans un métier.
Cela suppose de mieux faire connaître les débouchés des formations scientifiques, mais aussi de montrer leurs applications concrètes. Les mathématiques, par exemple, ne sont pas uniquement une discipline académique. Elles sont mobilisées dans la data science, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la modélisation ou encore le développement de solutions numériques.
Rendre ces applications visibles permet de dépasser une représentation parfois abstraite des sciences. Cela aide également les étudiants à comprendre comment leurs compétences peuvent contribuer à des projets industriels, numériques ou technologiques.
Les entreprises disposent ici d’une responsabilité particulière. Par leurs interventions, leurs partenariats et les témoignages de leurs collaborateurs, elles peuvent donner à voir la diversité des métiers et des parcours possibles.
Renforcer les passerelles entre écoles, recherche et industrie
Élargir les vocations scientifiques
La construction du vivier scientifique passe aussi par une plus grande diversité des profils qui choisissent ces filières.
Les jeunes filles restent encore insuffisamment représentées dans certains cursus et métiers scientifiques ou technologiques. Pour faire évoluer cette situation, il est nécessaire de rendre les parcours plus visibles, de proposer des modèles auxquels les étudiantes peuvent s’identifier et de mieux présenter la diversité des débouchés.
Astek participe ainsi à des initiatives destinées à faire connaître les métiers scientifiques et technologiques auprès des jeunes filles, notamment à travers le programme HER de l’EFREI, Grande école du numérique.
Cette sensibilisation peut prendre différentes formes : découverte des métiers, témoignages de professionnels, échanges avec des étudiants ou présentation d’applications concrètes des sciences et des technologies. L’enjeu est de permettre à davantage de jeunes de se projeter dans ces carrières, sans autocensure ni idée préconçue sur les compétences attendues.
Des parcours de collaboratrices engagées dans la data science, l’aéronautique ou l’ingénierie peuvent également contribuer à rendre ces métiers plus accessibles et plus concrets. Les contenus internes consacrés à Marion et Louisa illustrent cette volonté de transmettre, de présenter des trajectoires réelles et d’encourager les jeunes générations à envisager une carrière scientifique.
Construire une réponse collective et durable
La tension sur les compétences scientifiques ne trouvera pas de réponse unique. Elle suppose une coopération durable entre l’enseignement, la recherche, les institutions et les entreprises.
Les établissements forment et accompagnent les étudiants. Les chercheurs contribuent à faire progresser les connaissances. Les entreprises peuvent, quant à elles, partager leur expérience du terrain, faire connaître les usages des technologies et aider les jeunes à comprendre la réalité des métiers.
Pour Astek, rapprocher ces différents univers constitue un levier concret pour préparer les transformations à venir. Les partenariats académiques, le soutien à la recherche et les actions de sensibilisation répondent ainsi à une même ambition : contribuer à faire émerger les compétences scientifiques et technologiques dont notre économie aura besoin.
La raréfaction des profils scientifiques est un signal à prendre au sérieux. Mais elle ne doit pas être présentée comme une fatalité. Elle doit nous conduire à intervenir plus tôt, à ouvrir davantage les perspectives et à rendre les sciences plus visibles, plus concrètes et plus accessibles.
La réponse commence bien avant le recrutement. Elle commence lorsque naît une vocation.
